05/04/2013
Allô ?
Depuis le 6 mai dernier, mes oreilles se sont bouchées. Sans trop m'en apercevoir, je n'ai plus allumé les radios, je n'ai plus regardé les émissions, je n'ai plus ouvert les magazines et journaux achetés, j'ai laissé pioncer les RSS.
Le président, il était de gauche, et même si ce n'est pas tellement ma gauche à moi, c'était ok, "nous" étions un pays de gauche. Un pays où l'on pouvait fermer les yeux et vivoter tranquillement - comme si tout allait se calmer, tout allait se régler, tout était apaisé.
Il y a eu le réveil. La chute qui a été plus dure. La droite qui s'est radicalisée - alors même qu'on ne pensait plus ça probable. L'ensemble du pays y est allé de son petit avis sur le mariage des personnes homosexuels. L'ensemble du pays y est allé de son petit commentaire sur les politiques, qui sont rien que des pourris, hé, t'as vu Cahuzac ? On a vu.
Et puis l'autre jour, j'ai rencontré une flopée de gens occupant des postes importants. Tous vieux, tous hommes, tous blancs. Parmi eux, il y en avait probablement des très bien. Parmi eux, il y en a surtout un qui a cru qu'il pouvait parfaitement partager avec nous ses idées nauséabondes sur les "bronzés" qui seraient "trop nombreux" dans son bled à la mords-moi-le-noeud.
Ce qui me tue, c'est qu'aujourd'hui, un type comme ce type-là puisse penser qu'il peut parler. Qu'il peut parler, et que ça passera sans trop de remous, sans que ça affole, sans que ça fasse scandale.
Ce type-là, il m'a tendue sa main de dégueulasse pour me dire au revoir, il a souri avec le sourire de celui qui sait qu'il ne lui arrivera rien, un sourire dégueulasse de type plein de certitudes dégueulasses.
Ce mec-là, je voudrais qu'il sache bien que dans ma tête, même pas il existe. Et que ma main, elle est hors de portée pour lui.
Bordel, on n'est pas encore sorti de cette putain d'auberge.
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20/01/2013
2013 : qu'elle soit douce.
Franchement, j'ai écrit ici trois fois en 2012, tu imagines ? Trois fois. Autant dire que nous sommes à peu près seuls ici - est-ce que c'est une bonne raison de ne pas s'épancher ? JE NE CROIS PAS, NON.
Où sont passés les 365 jours (c'était 365 ?) de 2012 ?Et wtf did i do in 2012 ?
- J'ai appris 40 day dream et Houdini par coeur, et ai presque mémorisé la chorégraphie de Lonely boy un soir de solitude,
- Je me suis ennuyée comme une petite loutre déprimée dans un travail qui - comment le dire - n'était pas pour moi et ai foiré trois entretiens d'embauche pour des boulots géniaux - en chantonnant "really fucked it up this time" en sortant de ces moments tout pourris. ALORS MEME que j'avais religieusement écouté le Roallercoaster de Kymia Dawson à chaque fois pour me donner du courage (quand ça veut pas, ça veut pas).
- J'ai bien réalisé que nos proches n'étaient pas éternels, que les liens familiaux non plus, et qu'Alzheimer était bien en train de me piquer ma grand-mère. C'est con, hein ?
On dirait comme ça que l'année a été relou, mais en fait, pas seulement.
- J'ai milité, milité et re-milité - des frissons d'émotion dans les manifestations pro-mariage pour tous, des poils qui se hérissent de colère pendant un tractage pour l'égalité professionnelle F/H, des bouquins militants avalés, un drôle d'espoir en écoutant Mélenchon (quoi ?!), encore des frissons d'émotion à l'annonce de la victoire de la gauche aux présidentielles, au milieu d'un tas de gens heureux à la place de la Victoire. Corollaire : engueulades familiales à l'entre-deux-tours.
- Le livre de Julien, que dis-je, du tenancier de http://www.blabla-series.com/, est sorti - il est encore plus merveilleux que tout ce que vous pouvez croire et j'espère qu'il sait combien je suis fière de lui.
Et puis... Et puis Super Y, qui est chaque année un peu plus marvellous, qui est trop ma personne favorite. Et puis les gens de mon crew, qui se sont mariés (HEY, j'ai mis les pieds dans une église pour la deuxième fois de ma vie cette année)(eh bien, ce n'est pas pour moi, vous savez), séparés, qui sont partis ailleurs, qui sont revenus... Et puis les voyages, les loutres et les gens bons de Lisbonne, le marché de Noël, Franz Liszt et l'ambiance chargée de Budapest.
Qu'on se le dise, 26 ans est un âge un peu compliqué où soudainement, certains trucs prennent un peu trop d'importance, deviennent un peu trop difficiles. Il est temps de faire ses propres choix. De se coller des coups de pied lorsqu'on devient un peu trop paresseux - personne ne viendra plus décider pour nous.
2013, je t'attends de pied ferme et j'suis prête à envoyer du bois, des m&m's et même des épinards s'il le faut, pour que tu sois satisfaisante.
E-gens qui passerez par là par hasard, je vous souhaite une année paisible, une année douce, une année confortable, en vrai et pour de vrai.
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07/10/2012
Bien le bonjour, vous.
Tu vas certainement me dire qu'une note rédigée au beau milieu de la nuit n'augure jamais rien de très bon; mais hé, on fait avec l'inspiration du bord.
La vie est toujours douce du côté sud-ouest de notre petit pays. La vie est toujours douce et pourtant, les choses sont devenues plus graves. Je ne sais pas si c'est moi, si ce sont les années qui passent, si c'est l'âge - je suppose que la gravité peut nous tomber dessus même dans notre petite enfance.
Je sais juste qu'il y a des trucs qui arrivent à notre entourage et qui semblent indélébiles, des maladies, des décès, des ruptures qui déchirent, des personnes décident de nous quitter pour de vrai... Des trucs qui semblent avoir tellement d'importance, des trucs qui vont défninir une partie de nous, de nos vies. Des trucs où l'on ne sait pas trop comment réagir, ni trop quoi dire, ni trop comment réconforter.
Ca craint, ça laisse des sales traces un peu partout, ça crée des fantômes qui surgissent au détour des conversations, ça donne des haut-le-coeur en regardant de vieilles photos, ça donne envie de gueuler, ça donne aussi envie de dire qu'on s'aime - pourtant, tout reste à l'intérieur.
BEN PUTAIN, v'là le fun, hein.
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05/01/2012
Quel est le fu ?
Dites, je vous ai dit que ma nouvelle voisine partageait bruyamment ses ébats avec l'immeuble entier ?
Selon ses hurlements et les encouragements qu'elle procure à son partenaire, je peux vous dire que :
- soit elle est drôlement bien libérée,
- soit elle est au contraire bien enfermée dans un rôle féminin transmis par les films X hétéronormés.
19:56 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29/12/2011
LEM : YO !
La vérité, c'est que j'ai commencé un nouveau boulot il y a quelques mois, que j'ai eu drôlement envie de venir déblatérer dessus (j'ai rencontré quelqu'un avec une cravate aux motifs banane)(VOILA), mais que je me suis dit que l'Internet était devenu beaucoup trop dangereux et qu'évidemment, tout se savait, et que je n'avais que modérément envie de faire partie de ces gens qui se retrouvent lynchés par leur direction, la Justice de l'Internet, les forces de l'ordre et (bien sûr) les renseignements généraux (probablement parce que j'ai tellement le toc de l'honnêteté et la trouille de l'illégalité que je me liquéfie en me sentant coupable dès que j'aperçois un uniforme un peu bleu en hurlant PARDON)(ne me prends pas comme partner in crime, j'avouerai tout)(et puis je rapporte tout ce que je trouve à la police)(alors bon, si j'dois rapporter des trucs que j'ai moi-même piqué, hein)(quand j'étais mioche, j'ai piqué des fausses cartes bleues, tu sais, celles qui sont dans les porte-monnaies à vendre, histoire de jouer mieux avec ma cous', j'ai eu tellement honte de moi que je les ai rapportées)(OUAIS j'ai rapporté des fausses cartes bleues en cartons, keskya)(j'aurais fait une super bonne croyante, si j'avais cru)... Je ne sais plus trop où j'en étais, mais pour te la faire courte : je ne voulais pas me faire virer comme une malpropre pour deux pauvres jokes sur les Internets (ou plutôt : mon compte en banque ne voulait vraiment pas que je me fasse virer)(surtout depuis que pour être in, il faut s'acheter des vernis à ongles à 13 euros, quoi).
Après réflexion, j'ai eu un peu honte parce que je n'avais pas non plus envie de faire partie de ces gens pétrifiés par la peur, se laissant museler par les salauds du pouvoir et restant sur la berge toute leur putain de vie sans prendre le boat de la liberté (dixit Hunter Thompson)(enfin surtout dixit Super Y, ce show off littéraire)... Tu m'as comprise : je m'emballe facilement. J'ai un peu voulu revenir en brandissant le poing à la mémoire de tous ceux qui résistent, mais figure-toi que j'avais oublié mes identifiant - alors bon, la flemme a eu raison de ma fibre militante pendant six mois.
Sur une échelle de 0 à 10, j'me demande bien à quel niveau de pathétique se trouve le fait d'avoir la flemme de cliquer sur "mot de passe oublié".
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