24.06.2008
WTF... with le sexisme ?!
Parce-que bon, c’est bien beau de parler petons & chaussures, mais faudrait voir à causer sérieusement, des choses carrément primordiales. Enfilons nos spartiates et parlons soldes. Nan j’déconne.
Parlons bouquins. Parce-que tu vois, les bouquins j’aime bien, et je ne suis pas bégueule, je te lis du Candace Bushnell au Milan Kundera, sans complexes, en passant par les aventures fascinantes de Pénélope Jolicoeur. Ou d’Hélène Bruller. Ou de Mélaka. Somme toute, je suis globalement bon public. Excepté pour les romans policiers.
Bref.
Un livre, un jour donc, et aujourd’hui ce sera : Sheila Levine est morte et vit à New York, Gail Parent. Une demoiselle juive (enfants de parents juifs, ça n’a l’air de rien, mais croyez-moi il est utile de le préciser. Et je ne dis pas ça juste parce-que j’ai une mère juive), lassée par ses combats quotidiens, décide de se suicider un trois juillet, et entreprend donc un message (livre) d’adieu. Pour que le monde, ou du moins son père, comprenne son suicide. Ce roman, sous des abords certes dramatiques, est hilarant. Je pèse mes mots. HILARANT. Sheila Levine est drôle, sarcastique, et a une vision particulièrement clairvoyante du fonctionnement de notre petite société occidentale. Sheila Levine a la trentaine, ne trouve pas de mari, a (je le répète) une mère juive, est en surpoids, et rêve d’un métier créatif.
Tiens, je te colle du résumé officiel :
"'Vu l'explosion démographique, vous en connaissez un, vous, de moyen plus écolo que de s'éliminer soi-même ? Vous imaginez un peu ce que ça demande comme préparatifs, une mort ? Encore plus qu'un mariage ! Après tout, c'est pour l'éternité.' Voilà la plus longue lettre de suicide jamais écrite. Après une enfance au sein d'une famille juive dont la devise est 'trouve un mari à la fac, après ce sera plus dur', après des études à l'université de Syracuse puis à la New York University, Sheila Levine va se retrouver instit, comme sa mère le lui avait toujours recommandé, mais, à son plus grand désespoir, sans mari. Elle décide donc de se suicider un 4 juillet, histoire que la fête batte son plein. "

Au-delà du fait que ce livre soit particulièrement drôle/ironique/sarcastique/mais clairvoyant, quelques messages en ressortent.
Avec notamment la question du statut de la femme. De son image. Et c’est là tu vois que je m’interroge. Parce-que, au fond, nous sommes obligées de « bien présenter ». De se poupougner, de se maquiller, de faire attention. Une femme qui ne prend pas soin d’elle, c’est une femme qui se laisse aller. Ce n’est pas « féminin ». Autrement dit, ce n’est pas une femme. Et ce leitmotiv nous est inculqué depuis bien longtemps, on ne reviendra pas sur cette imposture de poupée barbie (non nous n’y reviendrons pas, m’enfin, le dur retour à la réalité, lorsque l’on se rend compte que nous n’aurons jamais la jambe fuselée de barbie). Il y a quelques temps, je me rendais gaiement acheter un cadeau pour une naine de ma famille. Bon, ma nièce. Tu vois, je pensais lui ramener de la barbie princesse, ou limite barbie lac des cygnes. Que dalle, ma nièce elle voulait de la poupée à la mode, une poupée barbare à la tête énorme. Vous voyez lesquelles ? Bon. Eh ben là, je peux te dire, tu tombes des nues. Oui madame tu tombe des nues. Les poupées, elles ont la panoplie minijupe, minishort, jambières, brassière et je t’en passe. Bref, poupée est une prostipute. Pire, poupée exerce des fonctions nazes, du style poupées coiffeuse, poupée femme au foyer, poupée chanteuse et point barre. Poupée présidente de la république ou maître du monde, que dalle ! Poupée intelligente, que nenni ! Puis j’te dis, ça va pas en s’arrangeant si tu te mets à regarder les magazines pour petites filles. Déjà pourvues de recettes de cuisine. Femme au foyer tu seras, à la limite un mi-temps tu auras, et puis c’est tout. Des petits plats tu mitonneras. Pour ton mari, car le but ultime de notre vie de pauvres sexes faibles (expliquez moi cette expression) est bien entendu de trouver un mari dare-dare et d’enfanter par la suite. Alors que ton mec, lui, il pourra être président, ou espion, ou G.I, parce-qu’ils auront été élevés au Action Man, et Action Man lui il conquiert le monde, il crapahute, il fait la guerre, il a des motos. Jamais tu verras Action Man vendu avec un seyant tablier de cuisine. JAMAIS. Ceci, je me/nous plains, mais la situation doit être pire si t’es homosexuel. Ou trans. Puis ça ne s’arrange pas ensuite. Ensuite, on suppose qu’adolescente, tu materas les chaînes de clip, et que là, le but de ta vie cessera d’être la femme douce et attentionnée, là, tu comprendras que l’alternative est de bouger ton booty à moitié nue sur de la musique un peu naze. Et de faire des mimiques rappelant l’acte sexuel. JE M’INSURGE.
Mais que fait le président ? Ou, à la limite, la première dame de France ?!
Ah oui, ils se baladent à travers divers pays, s’émotionnent devant les caméras, et deviennent copains comme cochons avec moults dictateurs.
Bref.
Ceci dit, tu vois, je m’insurge, mais je me démaquille religieusement tous les soirs, ET tous les matins. Peur du comédon et de la peau pas chatoyante. J’achète des crèmes qui me coûtent un bras. Parfois même deux. Parfois même simplement parce-que le pot est joli. Et dedans forcément le truc doit être chouette. Comme ça que j’ai testé la crème qui fait belle de Kenzoki, par exemple. Je m’exfolie, je me gomme, je m’hydrate, je me draine, je me tartine le visage tous les matins, à tel point que certains produits sont même devenus une légère addiction. Clarins est mon meilleur ami. Il rend la vie plus belle. Je me donne corps & âme à l’apprentissage de certains plats, en ce moment le tiramitsu. J’adorerais mitonner des tas de petits plats à la Bree Van de Kamp. La vérité c’est qu’en cuisine, je suis une brêle. Je fais attention, comme nous toutes, à éviter les vêtements qui ne me vont pas. Je parcours les blogs modes. Bref.
Ceci n’est donc pas un hymne aux chiennes de garde. Je souhaiterais simplement que les rôles des sexes ne soient pas aussi cloisonnés, pas aussi définis. Que chacun puisse trouver sa place. Que l’on n’abreuve pas les enfants, les adolescents de clichés, tant sur les femmes que sur les hommes. Je voudrais aussi que l’on puisse faire attention à sa personne sans pour autant perdre de sa crédibilité, qu’elle soit professionnelle ou intellectuelle.
Et là je vous dis, pour clôturer un article que personne ne lira jusqu’au bout, pour revenir aux bouquins : lisez Eve Ensler, un corps parfait.
Un putain de livre.
Edit : j'viens de lire une critique tellement chouette du livre de Gail Parent que j'ai un peu honte. Loose. Mais pas trop honte tout de même, sache que chez moi, l'eau chaude ne fonctionne plus. Tu ne vois pas le rapport ? Personnellement, si. Et sache que ça te fout d'une humeur de dogue, et allemand le dogue, et que ça te bousille les chouettes notes littéraires. (oui j'allais écrire de la note littéraire de qualité. parfaitement).
17:17 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
j'ai tres envie de lire sheila levine, rien que le titre déjà, ça me cause!
Ecrit par : Camille la it girl | 24.06.2008
et encore, le prochain bouquin aura encore un meilleur titre : "encore une nuit de merde dans cette vile pourrie".
Ambiance sur le bloug !
Ecrit par : Clémentine | 24.06.2008
j'adhère totalement!
Ecrit par : Camille la it girl | 27.06.2008
Je suis totalement d'accord avec toi !!! c'est tout à fait moi ! Je suis encore plus intégriste du féminisme mais je suis entièrement d'accord. Les barbies, les Action Men, et le truc de "tu pleures pas t'es un garçon" mais où va le monde ???? pffffff.......
Ecrit par : Sorcière Camomille | 29.07.2008
Le livre d'Eve Ensler est en effet très bien, tout comme Le corset invisible, d'Eliette Abécassis et Caroline Bongrand. Ce dernier n'est pas une pièce de théatre, mais un essai qui aborde la condition actuelle de la femme dans les différents domaines de sa vie. C'est vraiment un livre que j'ai adoré et que je conseille !
Bonne continuation blogguesque !
Ecrit par : Miss-C | 04.08.2008
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