20.07.2009

Wtfw : une journée en enfer, day two.

E-foule, tu connais bien mon amour pour l'intensité narrative, qui peut parfois me pousser à exagérer – de façon délicate et à peine perceptible - les faits, et tu peux ainsi aisément comprendre que cette journée fut tout, sauf comparable à un enfer.

Nous nous sommes arrêtés hier en plein récit, haletants, le suspense à son comble (j'avais envie de regarder des vidéos de Secret Story, il y a des pulsions qui n'attendent pas), un samedi, avec la rosée du matin (qui prend tout son sens, sous une tente).

On est prout-prout ou on ne l'est pas, ce réveil a sonné la perte de ma virginité en termes de camping. Jamais campé, figure-toi. Du moins dans une tente...
Fait : nuit à la belle étoile, trois personnes sur une balancelle (nous déconseillons : 1/tu auras un bleu au travers de la cuisse marquant l'un des tuyaux de la balancelle 2/il y aura toujours un naze pour balancer); nuit dans un van, à quatre (moyen bof, mais le manque de souvenirs précis probablement dû à l'une de ces belles beuveries de jeunes fait que nous ne pouvons dénigrer le truc l'esprit tranquille); moitié de nuit dans un hamac (bof - , qui n'a pas peur de serpents/fantômes/bêtes mutantes/sociopathes ?); nuit à même le sol...
Et j'en passe, parce que ce n'est pas l'objet, et que si ma prout-proutitude a parfois accepté d'être malmenée, JAMAIS elle n'a acceptée de pioncer dehors, dans un truc farfelu qui se déplie en deux secondes, au beau milieu de sauvages éméchés.

Presque jamais, en tout cas.

Le réveil fut aussi funky que la nuit : les bénévoles appelés au micro aux aurores, en basque puis en français, lesdits bénévoles qui se lèvent (et dans ma crew, y en avait) avec pertes et fracas, la voix rauque « SSSSCCCHHHHT les autres dorment encore.... ». Subséquemment, les autres ne dorment plus, mais font les morts dans leurs tentes... Jusqu'à ce qu'avec ma coloc' de tente, on décide de passer la tête – seulement la tête – au travers de la tente, pour dire bonjour au monde. Et le monde extérieur sentait drôlement meilleur que l'intérieur de notre home sweet home temporaire, sache-le. Un moment assez étrange, où les têtes de la crew sortent des tentes respectives, l'air un peu hagard, endormi et le visage fripé, et on va pas se mentir : c'est ça l'amouritié (des potos que t'aime drôlement fort).
Et où tous les êtres humains en présence parlent d'une seule et même voix : celle d'Amanda Lear.

Un petit tour aux toilettes, où tu réalises fatalement que certaines personnes prennent le sac plastique où est disposée la sciure pour le trou des toilettes, où tu prends soudainement conscience que les toilettes sèches sont une douce utopie des bonshommes verts : tu penses bien que personne ne recouvre VRAIMENT ses trucs avec la sciure.
Ô désillusion.
Par conséquent, un seul mot décrit ce réveil : nauséabond.

Quoiqu'il en soit, tu retournes pépèrement à ton QG, où vous vous vautrez tous dans l'herbe au tour d'une petit déj' équilibré : candy up (sauf pour moi : y a-t-il quelque chose de plus infect qu'un truc au lait froid ? Je ne crois pas), briquettes de jus de fruits multivitaminé (joie, bonheur, béatitude), petites brioches aux pétites (yum), Prince (double yum), Petits Ecoliers (triple yum). Sans vouloir balancer, une intrus a préféré s'enquiller un sandwich au pâté, soit.

Le processus de réveil t'amène donc sans (trop) d'encombres jusqu'à 12h, où le problème de l'hygiène apparaît : quid de la douche ?
Y a bien des trucs là-bas, les bâches, celles qui se soulèvent avec le vent, et où tu serais censée te laver entourée d'autres êtres humains.
Et sache-le : c'en est trop pour moi. La douche : skipée. Toilette dite « de chat »: bienvenida (les restes de manu chao).

En partance pour l'aprèm', où la bière est déjà présente (les frites aussi).
Vu : un groupe de nanas chantant a capella des trucs de tous horizons, un truc un peu hallucinant à entendre, acclamées.
Vu : Wombo, un groupe de gens débarquant un peu partout avec leurs instruments et microphones, bourrés de talent et d'énergie, qui te donnent envie de sautiller et chanter avec eux, voire d'acheter leur cd (j'adore les microphones).
Vu : une pièce (basque bosniaque, de ce que j'ai entendu) particulièrement touchante, une comédienne gracile face à une marionnette incroyablement bien faite (et un marionnettiste talentueux aux commandes), une histoire avec beaucoup de grâce croisant les nostalgies des deux personnages (d'une enfance pour l'un, d'un pays pour l'autre, il me semble).
Vu : un coup de break, un gamin haut comme trois pommes qui tape des poses de bad guy, un plus grand quasi acrobate.

Vient la fin d'aprèm, l'apéro, puis le début de soirée, l'apéro, puis le début des concerts...
Découverte de Che Sudaka, un peu ska, sautillant, tu te mets à frétiller et à choper les paroles en cours, à chantonner un peu... Pas de transe, pas mon truc, mais tout de même : plaisir... A la fin, t'es opé pour la suite des concerts, la forme est là malgré la fatigue.
Suivi par : We Are Standard, du vraiment bon rock un peu électro qui fait du bien aux oreilles.

Mais ce n'était pas le clou du spectacle.

Non.

Ce n'était pas LE nom qui t'avais convaincu de ramener ton royal postérieur ici in the first place.

La crew de ouf' est arrivée juste après, j'ai nommé : PUPPET MASTAZ , bitch !

Wouhou !
Wouhou !







Wouhou !

Du bon son un peu sale, même pas t'as honte de wouhou-ter sur leurs chansons, tu sais ce que je penses : on a tous un peu de gangsta' en nous. Tous.
Point barre.

On a donc fait les gangsta', bougé notre body avec le sale rythme, hoché la tête comme des bad girls, rigolé aux blagues sorties en anglais, admiré le pestacle des peluches.


Me demande pas ce qu'il y avait après : je n'en ai cure, et ne m'en souviens plus, j'ai vu les puppet mastaz et la mauvaise fille en moi est enchantée.

Plus tard, retour à la tente, les nanas du crew complètement exténués, mon côté prout-prout a peur de passer une nuit aussi mauvaise que la précédente (nous n'y survivrons pas).

On tombe comme des masses, la nuit se passe sans problèmes particuliers, t'es devenue hermétique aux chansons paillardes espagnoles de la crew testostéronée d'à côté.
Tu te gaves, et dors quatre heures d'affilée.


Pour la suite de nos folles aventures, cf demain.
Et crois pas que je vais ter-ma secret story (un stagiaire n'a jamais de repos).

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